Liszt Athanor :
Concertos pour piano 1 & 2, Totentanz

Fourneau utilisé par les alchimistes dans leur recherche de la matière philosophale, il est indispensable à la maturation de l’Œuvre. Par extension, ce fourneau en forme de matrice est devenu symbole de leur quête d’absolu et de perfection. C’est là que Liszt les rejoint. Éternellement insatisfait, il disait que « la recherche persistante du mieux possible caractérise le vrai artiste. » Cette recherche n’avait pas uniquement une dimension esthétique, elle était également d’ordre moral, ainsi en attestent ses lignes en hommage à Paganini :
« Le rôle de l’artiste est d’éveiller et d’entretenir dans les âmes l’enthousiasme et la passion du Beau, si voisin de la passion du Bien. »

„ Va, tu es un heureux car tu apporteras joie et bonheur à beaucoup d’autres ! Il n’y a rien de meilleur ni de plus beau ! “

Beethoven à Liszt

 

Pourquoi rassembler ces trois œuvres dans un même album ? Elles sont bien sûr toutes trois écrites pour piano et grand orchestre. Les concertos frappent tous deux par leur brièveté – comparés aux autres concertos romantiques – ainsi que par l’enchaînement sans pause de leurs différents mouvements. La Totentanz est d’une forme un peu différente – puisqu’il s’agit de variations sur le thème grégorien du Dies irae (basé sur la Prose des Morts) – mais elle est également de courte durée et se joue d’une traite. Il me semble cependant qu’il y a un lien fort qui les rassemble au-delà de la forme. Leur particularité commune est leur très longue gestation. Il a fallu 23 ans entre le premier jet et l’exécution publique du premier concerto, 22 ans entre les premières esquisses et la publication définitive du deuxième concerto, et 20 ans entre le brouillon de la Totentanz et la version de la partition enregistrée ici.

Des œuvres mûries plus de vingt ans.

La vingtaine d’années de gestation que ces œuvres ont passé dans l’athanor de Liszt fut évidemment déterminante : sans ces années de doute et de constante remise sur le métier des premières esquisses, ces concertos ne nous seraient jamais parvenus sous une forme si aboutie. Preuve supplémentaire – s’il en fallait – que son travail créateur ne s’arrêtait jamais : les annotations de la main de Liszt effectuées sur les partitions d’étude de son élève Hans von Bülow. Même publiée, l’œuvre ne cesse d’évoluer et Liszt, qui admettait avoir « la manie des variantes », trace des mesures, ajoute des notes, et nous montre ainsi que le chemin ne s’arrête jamais…

Metanoia: Oeuvres pour piano de Franz Liszt

La concertiste suisse et artiste Bösendorfer Beatrice Berrut présente son nouvel album « Metanoia », dédié à des oeuvres pour le piano de Franz Liszt. Elle vous emmène dans le monde sonore mystique du compositeur hongrois. Découvertes spirituelles, virtuosité et fragilité parsèment le chemin. METANOIA (de l’ancien grec μετάνοια) : changement profond de l’état d’esprit.
Selon le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung, transformation et guérison de l’âme par les forces du subconscient qui permettent aux éléments conflictuels et contradictoires de cohabiter dans notre psyché.

Dès les premières mesures, on comprend qu’une vraie artiste est à l’oeuvre. (…) Beatrice Berrut nous a offert l’un des récitals Liszt les plus réussis de ces dernières années.
Classica, Jérémie Bigorie

 

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Que serait la lumière sans l’obscurité?

Le monde tient en équilibre grâce à ces valeurs opposées. Cela nous permet aussi d’être plein de paradoxes, de rêveries loufoques et d’états d’âme contradictoires.

Un parallèle transparaît clairement entre une métanoïa qui s’opère à travers toutes les œuvres que j’ai choisies ici – on débute le voyage avec un combat dans les flammes des enfers dantesques, pour le terminer dans l’extase contemplative des Consolations – et la grande transformation qui s’opère au cours de la vie de Liszt, qui l’a vu passer de séducteur à chanoine, de compositeur de rhapsodies à celui d’une Bagatelle sans tonalité. Le sens biblique de métanoïa – mouvement de conversion par lequel l’homme s’ouvre à la présence divine en lui-même – est également représenté par son entrée dans les ordres, et l’apparition d’épisodes empreints de dévotion religieuse dans son œuvre (ainsi par exemple la quatrième Consolation, qui porte l’indication « avec dévotion »).

Par ailleurs, se lancer dans la musique de Liszt est pour l’interprète une forme d’ascension d’un sommet, tant par ses difficultés techniques que par la complexité de son message. On en ressort intimement transformé, et enrichi de ce qui peut s’avérer avoir été un véritable chemin initiatique. Parfois, la même solitude que celle d’un alpiniste accroché à sa paroi nous envahit, et l’on termine vermoulu par tant d’émotion, si profondément différent.

Quoi de plus réussi qu’une vie dont les fruits réjouissent ses frères humains presque deux siècles plus tard?

Beatrice Berrut, 2017

Lux Aeterna

Le recueillement, la sobriété et la modestie de la musique de Bach sont profondément émouvants. En cette époque où tant d’importance est accordée au paraître, sa musique demeure, nous pousse à l’introspection et soulève des questions existentielles qui, malgré le passage des siècles, restent actuelles. Transcriptions pour le piano d’oeuvre de J.S. Bach, oeuvres de Thierry Escaich en miroir.
Sortie : Janvier 2015.

C’est la richesse de la sonorité qui prime. La manière dont la pianiste fait ressortir les mélodies, dans une sonorité à chaque fois différente, est si naturelle que l’on sent même la vibration de la voix ou des cordes. (…) Avec ce disque, Beatrice Berrut réaffirme son excellence.

« A Emporter » Resmusica, Victoria Okada

 

J’ai fait le choix d’œuvres de Bach transcrites par Busoni, Siloti ou Kempff, et non celui d’œuvres écrites pour le clavecin, car leurs transcriptions tendent un fil entre l’époque de Bach et notre monde moderne. C’est la preuve tangible de l’universalité et de l’atemporalité de sa musique : elle jette des ponts entre des hommes de différents siècles.

Beatrice Berrut, 2015

La musique de Bach reste éternelle malgré le passage des siècles, et inspire les compositeurs encore aujourd’hui : la musique de Thierry Escaich puise également ses racines dans celle de Bach. C’est ainsi que ses dernières œuvres, inspirées par le cantor de Leipzig, rappellent la musique de Bach, tout en la rendant étrangement teintée des couleurs du 21ème siècle : bouquets d’harmonies colorées, rythmes endiablés, moments d’extase mystique…

Robert Schumann: les 3 Sonates pour piano

Génial de bout en bout, le recueil des trois Sonates pour piano de Schumann représente quelques-uns des sommets de la musique romantique de piano – moins connus certes que le Carnaval ou la Fantaisie, à l’exception de la Deuxième, que les virtuoses aiment mettre à leur programme. On est toujours porté, ici, par le souffle impétueux du jeune artiste allemand, ainsi que par cette exigence intérieure qui vous touche directement, dans la lignée de Beethoven (pour la forme, très libre) et de Schubert (pour la pensée romantique).

C’est un premier enregistrement extrêmement impressionnant de la pianiste suisse Beatrice Berrut (…). Les considérables difficultés techniques de l’oeuvre sont parfaitement sous contrôle. Elle joue le second mouvement de la troisième sonate d’une manière aussi expressive que Horowitz.
Fanfare, Paul Orgel (USA)

 

Ces trois sonates ont été écrites dans les années 1830, qui voient l’éclosion du génie de Schumann, dans des circonstances biographiques dramatiques: la mort de sa sœur Rosalie, une paralysie de la main droite mettant fin à une carrière prometteuse de pianiste, une liaison féminine qui lui vaut une attaque de syphilis, puis des fiançailles rompues avec la  fille d’un riche baron de Bohême… Fin 1835, c’est enfin l’amour pour Clara Wieck, contrarié par le père Friedrich Wieck. Le jeune couple devra attaquer celui-ci en justice pour pouvoir enfin se marier en 1840. La personnalité de la jeune fille, née en 1819, hante les trois œuvres.

Illuminer les profondeurs du coeur humain – le métier de l’artiste!

Robert Schumann, ( 1810 – 1856 )

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